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BienvenuE chez les chtis GROS SUCCES

14/03/2008 17:30 La ch'timania s'empare de la France Bergues, petite cité flamande qui a accueilli le tournage de « Bienvenue chez les Ch'tis », jouit d'une soudaine notoriété, dont l'ensemble de la région compte bien profiter Une scène du film Bienvenue chez les ch'tis avec Kad Mérad et Dany Boon (photo Pathé) Au départ, Frédéric a cru à une erreur de prononciation. « Berck, je voyais bien mais Bergues, je ne connaissais pas. Il a fallu que je regarde sur mon GPS. » L’instrument de navigation lui a été précieux pour parcourir les 120 kilomètres qui séparent Valenciennes de la petite cité fortifiée, en Flandre intérieure, entre Lille et Dunkerque. Avec Laurence, sa femme, et leurs deux enfants, Frédéric s’est levé aux aurores pour ne pas manquer l’événement inédit organisé, samedi 8 mars, dans la nouvelle capitale du cinéma français : un circuit pédestre sur les lieux du tournage de Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon. Pour cette première visite, dont Jacques Martel, le vice-président de l’office du tourisme, avait eu l’idée dès novembre – bien avant le déclenchement de la folie populaire – la famille de Frédéric est en bonne compagnie : plus de 200 personnes, venues de la région parisienne, de l’Oise et de tout le département du Nord, se sont acquittées des 3,50 € réglementaires pour une traversée de la ville, en compagnie de l’un des huit guides bénévoles. Parmi les promeneurs, Teddy et Cathy détiennent sûrement la palme de la « ch’timania » : le film de Dany Boon, ils l’ont déjà vu sept fois et ils sont venus à trois reprises dans les rues où se sont illustrés les deux postiers les plus célèbres de l’Hexagone. La ville doit être à la hauteur de cette subite notoriété Frédéric, lui, a enduré deux files d’attente d’une heure et demie pour rire aux péripéties du receveur méridional, débarquant sous la pluie nordiste. « On a adoré le film mais on avait besoin d’une visite », explique sérieusement ce chimiste de profession. L’escapade, agrémentée de haltes devant les maisons (parfois méconnaissables grâce aux mains expertes des décorateurs) qui ont accueilli les caméras au printemps, l’a manifestement comblé. Non loin du beffroi de Bergues, classé au patrimoine mondial de l’humanité, il témoigne d’un enthousiasme quasi juvénile, alors que résonne le carillon dont jouait le grand-oncle de Dany Boon… Jacques Martel, également maire adjoint chargé de la communication, a bien compris que la ville de 4 603 habitants doit être à la hauteur de cette subite notoriété. « Ayant eu la chance de lire le script, je savais que c’était une bonne comédie. Selon moi, elle devait enregistrer 2 millions d’entrées… » Puisque le film a dépassé tous ses pronostics, il faut maintenant adapter l’offre touristique à cette demande hors saison (1). Et justifier la réputation accueillante accordée aux nordistes. Dans sa librairie du centre-ville, Véronique se réjouit sincèrement de cet afflux « toutes générations confondues » qui braque les projecteurs sur sa ville natale. « D’habitude, les gens viennent l’été pour les remparts et le reste de l’année, c’est assez calme…. » Maintenant, les touristes du 7e art vont apprendre que l’attrait de Bergues, traversée par la Colme, n’est pas réduit à ses fortifications. D’eux-mêmes, ils corrigeront l’erreur qui assimile les Berguois à des Ch’tis alors qu’ils sont flamands… « L’impact médiatique va changer le regard que l’on porte sur le Nord » Sur le site Internet de la ville, la leçon de géographie a déjà ses adeptes : les connexions quotidiennes sont passées de 92 à 2 500… De toute la France, les envoyés spéciaux des télévisions, radios et journaux assurent la promotion de cette ville paisible et de ses spécialités gourmandes, comme la saucisse et le fromage. « L’impact médiatique va changer le regard que l’on porte sur la ville et sur le Nord en général », veut croire Jacques Martel. Avis unanimement partagé dans la région, y compris par ceux qui n’ont pas cru d’emblée à Bienvenue chez les Ch’tis … « La classe politique a encore du mal à assumer l’image du ch’ti populaire mais très attachant. Jusqu’ici, elle n’osait pas utiliser l’autodérision et le côté décalé pour sa communication, explique Karine Mariot, responsable de la communication au comité départemental du tourisme. Désormais, on va enfin oser se servir de ce que nous sommes pour vendre la région : des gens simples et sympathiques ! Il faut utiliser ce capital-là. » Il y a encore un an, le conseil général du Nord refusait une campagne de promotion mettant en scène les péripéties d’un personnage à la Dany Boon, dénommé Didier, dans les terrils ou sur les pavés de Paris-Roubaix : les élus redoutaient les effets d’un tel humour… Bientôt "une route Dany Boon" Aujourd’hui, l’office du tourisme de Bergues n’arrive plus à satisfaire la demande de carillons miniature – auxquels on a ajouté à la hâte une banderole rappelant le message d’amour envoyé par Dany Boon dans le film ! –, et les responsables départementaux du tourisme mettent la dernière main à une « route Dany Boon ». Dès le mois d’avril, elle conduira les automobilistes de Lille à Bergues en passant par Armentières. « On ne pouvait rêver meilleur ambassadeur. Cela fait vingt ans que nous faisons un travail de Romain pour changer l’image du Nord et par la grâce d’un film, tout se transforme », s’enthousiasme Thierry Mabille de Poncheville, directeur de l’Agence de promotion internationale de Lille Métropole. À Bergues, ce samedi-là, la première visite sur les traces du film miracle vient de s’achever. Laurence est radieuse mais elle finit par avouer une petite déception. « J’espérais secrètement que Dany Boon serait là. C’est un gars de chez nous, il est vraiment super. » Bruno BOUVET (avec Florence QUILLE, à Lille)


16/03/2008
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